6/11/19 : Sortie d’Une Colonie de Geneviève Dulude-De Celles

, par  Sophie

Ne manquez pas la sortie en salles le 6 novembre prochain d’Une Colonie de Geneviève Dulude-De Celles, avec de beaux et touchants jeunes personnages dont l’Abénaquis Jimmy (Jacob Whiteduck-Lavoie). La réalisatrice a grandi près de la réserve abénakise d’Odanak puis, adulte, elle a travaillé pour le Wapikoni mobile.
Guettez la programmation de votre cinéma le plus proche et courrez voir Une Colonie en salles pour soutenir des représentations de personnages autochtones plus justes et réalistes !
Distribution : Wayna Pitch.

Le film

C’est la fin de l’été et Mylia, 12 ans, doit quitter sa petite sœur Camille pour faire son entrée au secondaire. Cherchant sa place dans ce nouvel environnement étourdissant, elle y rencontre Jacinthe qui l’initie aux rites adolescents ainsi que Jimmy, un jeune Abénaquis farouche de la réserve voisine avec qui elle se lie secrètement d’amitié. À travers eux, elle tracera les contours d’une vie nouvelle. C’est l’âge des premières fois.

Une Colonie
Un film de Geneviève Dulude-De Celles
FICTION | 102 MIN | 2018

Le personnage de Jimmy

Jimmy est un autochtone, il n’aime pas vraiment l’école, il préfère faire du trampoline ou se passionner pour l’histoire de ses ancêtres. Il habite Odanak, la réserve voisine au village de Mylia, à qui il n’a jamais vraiment parlé. Il est plutôt solitaire, et ne cherche pas à plaire.
Jacob Whiteduck-Lavoie (Anishnabé) incarne avec justesse Jimmy dans Une Colonie.

« Je trouve ça important, d’être ‘hors du commun’ et d’essayer de ‘sortir des lignes’ comme dit Jimmy. Je me retrouve » dans son discours. Geneviève [la réalisatrice] a aussi vraiment fait un beau travail [autour de] la reconnaissance des Amérindiens [et] la perception [que les jeunes Canadiens en ont — à cause] de ce qu’ils apprennent dans les livres d’histoire où l’on voit peu l’opinion des Amérindiens » (Le Droit, 23/03/19).

Jacob Whiteduck-Lavoie a été nommé pour le Canadian Screen Award du meilleur acteur dans un second rôle.

Geneviève Dulude-De Celles et la représentation des Autochtones

« J’ai grandi à Saint-Aimé, près de la réserve autochtone d’Odanak, mais nous n’avions pas vraiment de contacts avec les Abénakis. Devenue adulte, j’ai travaillé pour le Wapikoni mobile, et j’ai eu la chance de passer quatre étés chez les Innus de la Côte-Nord. Ce fut pour moi un choc de découvrir cette culture très riche, à l’intérieur même de notre territoire. Quand j’ai écrit Une colonie, j’ai construit le personnage de Jimmy, le jeune autochtone, en pensant aux jeunes rencontrés là-bas. C’est grâce au Wapikoni mobile que j’ai pu rencontrer Karen Pinette Fontaine, une jeune femme de 19 ans, qui possède une hyper belle plume et qui fait des choses extraordinaires. Elle a notamment réalisé Batailles, un court métrage qui nous a jetés à terre ! » (LaPresse, 10/02/2019)

"À aucun moment, la caméra de Geneviève Dulude-De Celles ne porte de jugement sur les actions des personnages, quels qu’ils soient. « Je veux juste montrer ces réalités, explique la cinéaste. Je ne condamne pas 
Mylia qui s’habille sexy à l’Halloween, ni son amie qui l’entraîne à le faire, parce qu’elle le fait en partant d’une bonne intention, elle veut être fine ! » dit-elle en échappant un rire.
De la même façon, elle ne juge pas ces élèves qui se moquent de Jimmy (Jacob Whiteduck-Lavoie), un jeune Autochtone de la communauté d’Odanak, avec qui Mylia se lie d’amitié.
Dans une scène d’une tension quasi insoutenable, ce dernier est confronté au point de vue colonisateur d’un livre d’histoire utilisé en classe, de même qu’à l’ignorance de ses camarades.
Geneviève Dulude-De Celles reconnaît avoir été longtemps inconsciente des réalités autochtones. « Cet apprentissage que fait Mylia a aussi été le mien », dit celle qui a réalisé l’ampleur de sa « méconnaissance » en travaillant pour le Wapikoni mobile.
Au-delà de la critique de l’enseignement de l’histoire, la cinéaste a voulu mettre en scène un personnage qui fait de sa marginalité une force. « Jimmy s’assume comme il est. En faisant Bienvenue à F.L., j’ai rencontré plein de jeunes comme lui, qui choisissent d’afficher leur différence pour s’affranchir. »" (Extrait de La grandeur des petits drames, Métro, 1/02/2019)


Récompenses

Sélection CANNES ÉCRANS JUNIORS 2019
Meilleur film, meilleur premier film et meilleure interprétation féminine pour Émilie Bierre CANADIAN SCREEN AWARDS 2019
Ours de cristal catégorie Génération Kplus FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE BERLIN 2019
Grand Prix compétition long métrage et Prix du public FESTIVAL DE CINÉMA DE LA VILLE DE QUÉBEC 2018
Prix de la Vague, meilleur long métrage de fiction canadien FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA FRANCOPHONE EN ACADIE 2018
Meilleur long métrage, meilleure réalisation, et meilleur interprétation pour Émilie Bierre FESTIVAL DU FILM DE WHISTLER 2018

Voir en ligne : En savoir plus sur la sortie en salles du film en France

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