Reflets du cinéma indépendant américain : programmation spéciale amérindienne par De la Plume à l’Ecran

, par  Sophie

Introduction du cycle par De la Plume à l’Ecran :
Les Amérindiens font partie intégrante de l’histoire du cinéma. En 1894, alors que le kinétographe vient tout juste d’être inventé, l’assistant d’Edison fixe déjà sur pellicule des danseurs sioux de la troupe du Buffalo Bill Wild West Show : Indian War Council et Sioux Ghosts Dance seront parmi les premiers films jamais réalisés. Par la suite, les Amérindiens occuperont toujours une place particulière sur le grand écran. Ils fascinent, intriguent, passionnent, émeuvent aussi... Le cinéma les voit comme un formidable objet de connaissance et se donne vite pour mission de conserver leur mode de vie « primitif » et « authentique », voué à disparaître car écrasé par l’industrialisation et la modernité. Ils sont aussi l’objet de tous les fantasmes, nombre de films n’offrant qu’une lecture ethnocentrique de ce que les Amérindiens devraient être plutôt que de ce qu’ils sont vraiment. Mais peu à peu, au gré des avancées technologiques (apparition du son synchrone, des caméras légères, de la vidéo...) et idéologiques, partout dans le monde, des autochtones passent derrière la caméra, invitant le spectateur à un déplacement de point de vue et nourrissant un passionnant dialogue par l’image.
Du début du XXe siècle à nos jours, d’Edward S. Curtis à Chloé Zhao en passant par le cinéaste amérindien Neil Diamond, mettant à l’honneur la haute qualité cinématographique d’In the Land of the Head Hunters et des Chansons que mes frères m’ont apprises, sans oublier l’humour caustique de Reel Injun, ce cycle des Reflets du Cinéma permet d’appréhender les différentes facettes de la relation aussi intense que tumultueuse qui unit depuis toujours les Amérindiens au 7e art.

Sophie Gergaud, ethno-cinéaste
Présidente de l’association De la Plume à l’Ecran
Directrice du Festival Ciné Alter’Natif.

Reflets du Cinéma Indépendant Américain Cycle amérindien -

Programme 1 / (Anti-)héros de nos imaginaires Rétrospective FESTIVAL CINE ALTER’NATIF

SAMEDI 05 MARS 2016 à 18H30
A L’ATELIER DES ARTS VIVANTS, CHANGE
En partenariat avec l’APCVC

Durée : 83mn

Rêveurs infatigables, amateurs de sensations fortes, enfants en mal d’affection paternelle ou bien minables loosers... les personnages hauts en couleur de ces fictions détonnantes ont un point en commun : ils testent tous leurs limites, bravant leurs peurs et laissant libre cours à leur imagination, afin de se surpasser et d’être à la hauteur des plus grands héros du panthéon de leur enfance.

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Hoverboard, de Sydney Freeland (Navajo)
USA, 2012, 5mn
Fan de Retour vers le Futur II, une jeune fille pleine d’imagination, aidée de son ours en peluche, essaie de transformer son hoverboard en machine à voyager dans le temps.

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Bloodlines, de Christopher Nataanii Cegielski (Navajo)
USA, 2014, 11mn

Quand un loup dévore un veau sur les terres de leur ranch, le jeune Dustin et son frère le prennent en chasse, espérant ainsi gagner l’estime de leur père. Mais quand Dustin tient le loup en joue, tout change.

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Kajutaijuq : l’esprit qui vient, de Scott Brachmayer (Inuit)
Canada, 2014, 15mn

Inspiré d’une légende inuit adaptée en thriller, Kajutaijuq suit un chasseur qui tente de survivre dans le désert arctique en suivant les enseignements transmis par son grand-père. Kajutaijuq soulève des questions sur la tradition, la connaissance et l’adaptation à un monde en mutation.

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The Migration, de Sydney Freeland (Navajo)

USA, 2008, 10mn

Dans ce conte post-apocalyptique qui résonne avec des échos de l’histoire, l’année 2050 est synonyme de terre brûlée et de réchauffement climatique. Un gouvernement autoritaire poursuit un frère et une sœur, qui s’échappent à travers le désert pour protéger l’espoir de l’humanité.

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Ronnie BoDean, de Steve Judd (Kiowa/Choctaw)
USA, 2009, 1mn

Ronnie BoDean doit rapidement se remettre d’une gueule de bois carabinée et utiliser tout son savoir-faire de gars des rues pour être à la hauteur du plus grand défi de sa vie : garder les enfants de sa voisine qui vient d’être arrêtée...

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A la recherche du meilleur taco indien du monde, de Steve Judd (Kiowa/Choctaw)
USA, 2010, 15mn

L’histoire fantaisiste d’un grand-père choctaw qui régale son petit-fils en lui racontant le destin d’un homme surnommé « Trois nuances de noir », en quête de l’ultime repas de ses rêves.

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L’homme qui a tué Dieu, de Noé Tom et Wao Xinto (Oro Wari)
Brésil, 2013, 15mn

Wem Tom, un jeune Indien d’Amazonie, réalise qu’il n’y a plus de gibier dans la forêt et décide de se mettre à la chasse à l’homme blanc...


Programme 2 : CYCLE PREMIERES NATIONS

Dimanche 13 mars à 14h
AU CINEVILLE LAVAL
Suivi d’une conférence sur le cycle Premières Nations, par Sophie Gergaud, ethno cinéaste

Hollywood et les indiens
Réalisation et scénario : Neil Diamond, Catherine Bainbridge
Interprètes : Adam Beach, R. Michael David, Clint Eastwood, Jim Jarmusch
Distribution : De la Plume à l’écran
Canada, 2010
1h26

Dans les réserves Cree de son enfance, Neil Diamond grandit en regardant des films d’Indiens et de cow-boys, jusqu’au jour où il prend conscience de son aliénation.

Car enfin pouvait-il (lui et, au-delà les siens) se reconnaître dans la créature que les productions hollywoodiennes projetaient sur les écrans du monde entier ? Pouvait-il même se reconnaître dans l’acteur censé le représenter ?

Au volant de sa mustang bleue, Neil Diamond décide alors de quitter le grand nord canadien pour rejoindre la Californie, là où se trouvent les studios américains. Au fil des kilomètres, il rencontre des réalisateurs, des scénaristes, des humoristes, des critiques et des universitaires. Il en profite également pour remonter le temps et revoir les films, classiques ou récents, qui ont forgé et continuent de forger notre imaginaire.

Loin d’être un film du ressentiment, Hollywood et les Indiens permet de comprendre, parfois avec humour, comment se construisent les stéréotypes (entre réalité et mensonges) et, plus rarement, les modèles positifs. C’est aussi pour les amateurs de western l’occasion de découvrir, derrière l’image indistincte du peau-rouge, les différents peuples qui constituent la nation indienne.


NEIL DIAMOND / C’est un réalisateur de la nation Cree, né sur les terres de Waskaganish (« petite maison ») au Québec. Après avoir réalisé un docudrama consacré à l’histoire de son grand oncle George Elson, il se lance en 2009 dans un documentaire, Hollywood et les Indiens (Reel Injun), sur la représentation des Natives au cinéma. Il reçoit plusieurs récompenses pour ce film. Ces dernières années, Neil Diamond tente de développer un projet avec le cinéaste Zacharias Kunuk sur le conflit entre les Crees et les Inuits durant le XVIIIe siècle.

Voir en ligne : En savoir plus sur le site des Reflets du cinéma

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