23 et 24 octobre 2026 : 2 projections sur les « Violences coloniales et stratégies d’aliénation des enfants autochtones »

, par  Sophie

L’Université de Pau et des Pays de l’Adour, en partenariat avec l’IFJD, organise du 22 au 24 octobre 2026 le colloque international « Violences coloniales et stratégies d’aliénation des enfants autochtones ». De la Plume à l’Écran, également partenaire de l’événement, y a été invitée à programmer deux films réalisés par des cinéastes autochtones.

© We Were Dangerous 2024



Le colloque international

Les politiques visant à extraire l’enfant de sa communauté pour le déculturer au prétexte de l’assimiler ont revêtu des formes diverses à travers l’histoire. Qu’il s’agisse de pensionnats, d’écoles de mission ou de homes dits "indiens", les objectifs étaient les mêmes : isoler autant que possible les enfants de leur culture d’origine (en ayant souvent recours à un système d’internat) ; les convertir à la religion du colonisateur ; leur imposer la nouvelle langue dominante et les valeurs qu’elle véhicule ; effacer les épistémologies et les pratiques spirituelles traditionnelles. Parfois, il ne s’agissait pas d’enfermer les enfants autochtones dans une institution, mais de les soustraire à leurs parents pour les placer dans des familles d’accueil non autochtones ou pour les proposer à l’adoption à des couples non autochtones.

Lorsqu’on évoque les violences faites aux enfants des communautés autochtones, les pensionnats du Canada et ceux des États-Unis sont souvent cités car ils ont fait l’objet d’une couverture médiatique significative. Toutefois, force est de constater que ces stratégies furent mises en œuvre sur tous les continents.

L’ambition de ce colloque est de croiser les regards et les approches sur ces questions essentielles à la reconstruction des sociétés autochtones aujourd’hui. Non seulement la réflexion ne se limitera pas à une aire géographique spécifique, mais les interventions tendront à favoriser les échanges entre acteurs de terrain (militants, travailleurs sociaux, juristes, etc.) et chercheurs issus de disciplines diverses. Cette transversalité et cette mixité des perspectives permettront de dégager des constantes et des divergences dans les mécanismes à l’œuvre pour détruire les peuples autochtones en s’attaquant à leurs générations montantes. Cela permettra également d’adopter une démarche comparatiste quand il s’agira d’étudier les systèmes que les communautés autochtones ayant survécu à ces tentatives d’effacement mettent en œuvre pour se rétablir et se reconstruire.

Télécharger le programme complet des interventions

La programmation cinéma de De la Plume à l’Écran

  • Vendredi 23 octobre 2026 à 20h, au CGR Saint-Louis de Pau
    Night Raiders, de Danis Goulet (Métis/Crie), Canada, Aotearoa/Nouvelle-Zélande, 2021, 1h37, fiction, VOSTF

2043. Dans un futur totalitaire, le gouvernement kidnappe tous les enfants pour les enrôler dans l’Académie, une milice parallèle à la solde de l’état. Nissa, dont la fille a été enlevée, intègre un groupe d’insurgés qui prépare un assaut d’envergure contre l’armée…

Plus d’informations sur les tarifs du Cinéma CGR Saint-Louis de Pau ici.

  • Samedi 24 octobre à 16h30, au CGR de Bayonne
    We were dangerous, de Josephine Stewart-Te Whiu (Ngāpuhi/Te Rarawa), Aotearoa/Nouvelle-Zélande, 2024, 1h22, fiction, VOSTF
    L’histoire d’un trio de filles rebelles qui s’insurgent contre le système dans la Nouvelle-Zélande des années 1950. Un film trouvant juste ce qu’il faut de lumière au cœur des ténèbres.

En 1954, trois adolescentes sont envoyées sur une île isolée et austère pour être internées à l’école Te Motu, un établissement destiné aux jeunes filles jugées incorrigibles ou délinquantes. Leur quotidien est régi par une discipline stricte, faite de leçons de savoir-vivre et d’obéissance, sous la coupe d’une surveillante très pieuse. Lorsqu’un médecin arrive sur l’île et commence à leur infliger des punitions sous couvert de soins médicaux, les jeunes filles élaborent un plan pour s’évader. Puisant leur force dans l’amitié qui les unit, elles se rebellent contre le système, remettent en question la foi et l’autorité dans un monde qui cherche à les contrôler.
We Were Dangerous marque les débuts à la réalisation de Josephine Stewart-Te Whiu. Présenté en avant-première au festival South by Southwest, le film y a remporté le Prix spécial du jury et a été salué comme un « récit plein de fougue et d’émotion sur la rébellion féminine ».

Plus d’informations sur les tarifs du Cinéma CGR de Bayonne ici.

Conférence plénière : Quand l’art témoigne, dénonce et participe à la guérison. Représentations des violences coloniales et des stratégies d’aliénation des enfants dans les cinémas autochtones.

  • Vendredi 23 octobre à 16h30, à l’amphithéâtre de la présidence, UPPA, Pau
    Une conférence présentée par Sophie Gergaud, programmatrice et chercheure indépendante, présidente de De la Plume à l’Écran.

En mai 2021, 215 tombes anonymes d’enfants autochtones étaient mises à jour sur le site de Kamloops, en Colombie-Britannique. La couverture médiatique de l’événement a pu laisser penser que la découverte des pensionnats pour Autochtones et des violences institutionnelles qui y étaient perpétuées était un phénomène récent. Pourtant, depuis plusieurs décennies déjà, de nombreux films autochtones ont abordé le sujet, y compris à une époque où très peu de gens étaient disposés à en parler. L’expression artistique, et notamment cinématographique, fait en effet partie des moyens ayant contribué à libérer la parole.
Cette conférence aura pour but d’esquisser un premier panorama cinématographique des violences coloniales et stratégies d’aliénation des enfants autochtones à l’échelle internationale, grâce à des films adoptant différents styles et formes d’approches. Trois axes seront particulièrement abordés : le cinéma comme outil de témoignage ; le cinéma au service de la guérison ; le cinéma comme acte de souveraineté et de réappropriation culturelle.

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