Présentation de la tournée littéraire
Organisée conjointement par les maisons d’édition Prise de parole (Ontario), Hannenorak (Québec) et Dépaysage (France), cette tournée française vous invite à la rencontre des littératures autochtones dans toute leur diversité, sans les réduire au témoignage ni les figer dans des représentations attendues. Elle mettra en lumière la liberté formelle, la force poétique et la portée politique de ces œuvres, tout en ouvrant un échange sur les conditions de leur création, de leur circulation et de leur publication, au Canada comme en France.
De Nantes à Paris en passant par la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, librairies, universités, centres culturels et lieux associatifs accueilleront les quatre auteur·e·s et favoriseront le dialogue avec des publics variés. Pendant dix jours, quatre voix et quatre parcours se répondront, portant chacun une relation particulière à la langue, au territoire, à la mémoire et à la transmission. Des œuvres qui ne parlent pas seulement du passé ou de mondes lointains, mais interrogent avec force notre présent commun, les récits dont nous héritons et ceux qu’il nous appartient désormais de faire entendre.
Les auteurices
Natasha Kanapé Fontaine, poète, autrice et artiste innue originaire de Pessamit, a publié en mars 2026 Manifeste Assi, une prise de parole poétique et politique où se rejoignent le corps, la langue, la mémoire et la terre.
Uashteskun, Pekuakamiulnu de Mashteuiatsh, est l’auteur de L’amie de mon père, paru en avril 2026, un roman destiné aux adolescent·e·s comme aux adultes, consacré à la filiation, aux blessures du passé et à la transmission.
Jean Sioui, écrivain wendat originaire de Wendake, a publié en mai 2026 Yändata’, l’éternité au bout de ma rue, un récit de mémoire où l’enfance, l’oralité et l’histoire collective du peuple wendat se répondent.
Marcel Pitikwew, membre de la nation atikamekw nehirowisiwok et survivant du pensionnat autochtone d’Amos, signe avec Atcakoc, le pardon (à paraître en octobre 2026) un récit à la croisée du conte, du témoignage et du parcours spirituel.
Les œuvres
Manifeste Assi (Natasha Kanapé-Fontaine)
Assi, la Terre, nous appelle. La poète l’entend : elle bat le rythme, rassemble et ouvre le cercle. Une voix sort du territoire, porte les mères, les sœurs, les disparues, et souffle sur les papiers-lois jusqu’au feu qui délivre. On avance tambour au cœur, avec les loups, les bisons rêvés, les rivières qui murmurent nos noms. La poète les entend : elle lutte en riant, elle guérit en marchant, elle aime en résistant. Et nous offre le plus beau des manifestes : se relever, vivre, refaire peuple.
Une prise de parole à la fois poétique et politique. Une voix profondément incarnée qui interroge le territoire, la langue, la mémoire et notre manière d’habiter le monde.
Atcakoc, le pardon (Marcel Pititkwew)
Dans ce récit à la croisée du conte, du témoignage et du parcours spirituel, Marcel Pitikwew raconte le chemin de guérison de Tcikapec, homme ravagé par l’alcool, les violences du pensionnat et la honte. Guidé par Atcakoc, un enfant-esprit, il entreprend un relèvement qui passe par les cérémonies, la mémoire, le pardon et la réconciliation avec les siens.
Porté par une langue simple et habitée, ce texte rare fait une place directe à la spiritualité autochtone et montre, sans didactisme, comment une existence brisée peut retrouver un chemin d’amour, de vérité et de transmission.
Yändata’. L’éternité au bout de ma rue (Jean Sioui)
« J’ai grandi avec mes souvenirs. Des souvenirs heureux. Mon père indien. Ma mère blanche. Grand-maman tisane. L’oncle au gin et l’autre aux femmes. Le curé et les sorcières qui étaient deux gentilles dames. La généalogie des Sioui, Gros-Louis, Picard, Vincent, Laveau, Lainé, Savard, Romain, Bastien. Des Paul qui vieillissent avec des noms inventés que le monde peut articuler. Puis tous ceux qui sont entrés chez nous comme ça. L’heureux fantasme d’un ancien temps. Un passé qui m’a construit. Un monde de traditions. Un monde que j’ai reçu et que je laisse en héritage. »
Par fragments, comme on ouvre une boîte à souvenirs, Jean Sioui recompose un territoire intime, Yändata’, fait de visages, de gestes, de légendes et de drames, où la tendresse n’efface jamais la lucidité. Entre burlesque et tragique, il affirme une chose simple : on peut être bousculé, blessé, mais avec l’aide des siens, on apprend à rester debout.
L’Amie de mon père (Uashteskun)
2022. Maria, 14 ans, est sûre d’une chose : son père la déteste. Contrainte de passer l’été à Pimitshuan, elle étouffe sous ses silences et ses interdits. Et il y a surtout ce lieu qu’il évite à tout prix, où bien sûr elle s’empresse d’aller : le mémorial. Une croix blanche. Cinquante-trois noms. Et une inscription : « À la mémoire des victimes de l’incendie de l’église Sainte-Anne, le 26 juillet 1982 ».
Un roman jeunesse sensible et accessible qui aborde la filiation, la transmission et la construction identitaire avec finesse.
De la Plume à l’Écran

