Filmographie DPAE "Aux films de l’eau" : Extractivisme et peuples autochtones

, par  Sophie

A l’occasion de son numéro 136 - mars 2018 sur l’extractivisme, FAL Mag de France Amérique latine a publié un extrait de notre filmographie « Aux films de l’eau », parue initialement dans notre revue C@mérindien « Eautochtones », Revue numérique Cinéma et Amérindiens – De la Plume à l’Ecran, n°12 - Mai 2013.

Cette filmographie vous est proposée en intégralité ci-dessous et gracieusement par les bénévoles de l’association De la Plume à l’Ecran. Si vous la trouvez utile et vous en servez dans le cadre de vos activités de programmation, merci de créditer notre association afin de contribuer à faire connaître nos activités de promotion des films autochtones !

Cette filmographie est également destinée à s’enrichir grâce à vos contributions : n’hésitez pas à nous contacter si vous connaissez des films sur le sujet qui ne sont pas indiqués ici.



* Eau, Notre vie, notre espoir , Promedios/Ciepac (Mexique), 2006, 60mn
http://www.youtube.com/watch?v=uISnXsjxvnM&feature=youtu.be
La privatisation de l’eau se mène, dans le monde entier, sous le contrôle de l’OMC, de la Banque Mondiale, du FMI et du Traité dit de Libre Commerce. Cette privatisation implique également celle des grands barrages et de l’énergie électrique qu’ils génèrent. Industries et gouvernements se sont déjà emparés de plus de 60% des grands fleuves du monde mais ils en veulent toujours plus… Grâce à une prise de conscience croissante de la société civile, diverses résistances commencent à émerger pour lutter contre l’appropriation de l’eau par quelques-uns. Surtout, des alternatives se font jour afin de garantir que l’accès à l’eau soit un droit humain.
Sélection Festival Ciné Alter’Natif 2012.

IMPACTS DE L’EXTRACTIVISME : DES MODES DE VIE ANCESTRAUX AU BORD DE L’EAU

* La Travesia del Chumpi , Julio Fernando Valdivia Gómez, Pérou, 2009, 47mn
Les habitants de Chicherta, une petite communauté achuar de l’Amazonie péruvienne, souhaitent protéger leur sanctuaire secret face à l’arrivée d’entreprises pétrolières qui ont acquis des concessions sur leur territoire. Le vieux Irar guide son neveu Chumpi et un petit groupe constitué de membres de la communauté au cours d’une expédition à travers les rivières et la forêt, révélant pour la première fois l’existence de ce sanctuaire.
Prix Anaconda 2011 au festival Realidad Indigena y Afrodescendiente de la Amazona
Prix du meilleur documentaire, V Mostra Amazonica Do Filme Etnografico – Manaus, Brasil, 2011
Meilleur moyen métrage, Festival de Cine Documental de Medioambiente Latinoamericanos, Roma, Italia, 2010.
Prix Gillo Pontecorvo du meilleur film. TAC Festival 2010, The Archaeological Channel Festival, Oregon, USA.

EXPLOITATION ET POLLUTIONS : ORPAILLAGE EN GUYANE

* Comment l’or empoisonne la Guyane , Patrice des Mazery et Philippe Lafaix, 2005, 40mn
La fièvre de l’or s’est emparée de la Guyane. Une guerre de l’orpaillage y sévit, de plus en plus violente. Malgré les opérations coup de poing des gendarmes français, les chercheurs d’or clandestins continuent de déferler en masse dans la forêt équatoriale. Ils sont plus de dix mille à vivre dans cette région de Guyane, un Far West sur un territoire français. « Ici on survit ou l’on crève » explique un médecin du Samu. Pour l’émission 90 MINUTES de Canal+, Patrice des Mazery et Philippe Lafaix ont pu remonter les filières clandestines. Ils ont suivi l’itinéraire des garimpeiros brésiliens. Avec eux, ils ont franchi les frontières et sont arrivés au cœur de la forêt guyanaise. Là, les clandestins ont recréé de toutes pièces un village entre « Mad Max » et « Apocalypse Now », où tout se monnaye en or. Les journalistes ont partagé le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui vivent dans des conditions épouvantables : paludisme, sida, criminalité, tortures. Ils ont également enquêté sur un grave problème de santé publique : la pollution de l’eau, conséquence de cette ruée vers l’or non contrôlée. Car pour agglomérer les paillettes d’or, les Brésiliens utilisent du mercure qu’ils rejettent dans les rivières. Depuis 1994, les autorités sanitaires scientifiques constatent que la population amérindienne, qui se nourrit principalement de poisson, souffre de taux de mercure supérieur aux normes internationales. Depuis plusieurs années les naissances à problèmes se multiplient, avec des malformations et des fausses couches. Malgré cela, aucune étude épidémiologique officielle n’a été entreprise.

* La fièvre de l’or , Olivier Weber, 2008, 95mn
L’Amazonie est au cœur d’une nouvelle ruée vers l’or. Pour cette course vers les pépites et les paillettes jaunes, les hommes et les femmes s’enchaînent. Et détruisent l’un des derniers paradis, le poumon de la planète, la plus vaste forêt tropicale du monde, où tout se paie désormais en or. Un cycle du lingot s’est ainsi constitué, avec son lot d’endettés, de prostituées, de parrains, de trafiquants, que ce soit en Guyane, au Brésil ou au Surinam. L’or a amené les maladies, le mercure, les crimes, l’alcoolisme, et a transformé les criques et les fleuves en poubelles. Ce cycle est celui de la destruction de l’homme par l’homme. 300 tonnes d’or sortent chaque année de la forêt et 120 tonnes de mercure y entrent. Un échange inégal, trésors contre poison. Avec en toile de fond de cette catastrophe écologique le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues. Au cœur de cette jungle sans frontières, le drame des Amérindiens Wayanas, côté Guyane, pollués par le mercure nécessaire à l’or. Déjà, on constate des malformations chez les enfants, des séquelles neurologiques et des cancers chez les plus âgés. Au cœur des ténèbres, le nouvel Eldorado est ainsi devenu l’un des pires théâtres de la mondialisation.
Trophée de l’Aventure et le Prix Terra Festival
http://www.zootropefilms.fr/lafievredelor/

* Dirty paradise , Daniel Schweizer, 2009, 72mn
Une incroyable catastrophe sanitaire et écologique se déroule aujourd’hui au coeur de l’Amazonie sur un territoire européen d’outre-mer, la Guyane. Dirty Paradise nous fait partager l’histoire d’un millier d’Amérindiens qui tentent de survivre face à plus de 10 000 chercheurs d’or clandestins qui se cachent dans la forêt. Pour la première fois, les Indiens Wayana prennent la parole dans un film et dénoncent les conséquences de l’exploitation incontrôlée d’un or « sale ». Ce documentaire accompagne Parana, Akama, Mélanie et leurs enfants dans leur combat quotidien et dérisoire face à la destruction de leur environnement. Dirty Paradise raconte l’histoire d’une tribu amérindienne qui refuse de disparaître dans le silence et l’indifférence.
Grand Prix du Festival du Film et Forum international sur les Droits Humains 2010
http://www.dirtyparadise.net/fr/

CONGA NO VA ! AU PEROU

* Carnet de route , Philippe Revelli, 2012, 15mn
Carnet de route est le cinquième épisode du cycle TERRES réalisé par le photographe et journaliste Philippe Revelli. Il s’ouvre à Rio de Janeiro, avec le Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale, et se poursuit en Amazonie brésilienne – d’abord dans l’état du Para, avec l’occupation de la Fazenda Cedro par le Mouvement des paysans sans terre, puis à Porto Velho, sur le Rio Madeira, où les barrages de Santo Antonio et Jirau sont en construction. Le périple s’achève au Pérou, dans la région de Cajamarca, où la population s’oppose au projet minier « Conga ».
http://philipperevelli.com/?p=2171

* A tajo abierto (A ciel ouvert) , Gianni Gabriel Converso. 2013, 77mn
Récemment primé au Baja International Festival Film au Mexique dans la catégorie « Environnement » et résultat d’une longue enquête de 5 ans, ce film montre comment opère l’entreprise Newmont Mining Corporation dans la mine d’or de Yanacocha au Pérou. Un documentaire dur et sans concessions qui met en scène des témoignages d’habitants et d’anciens travailleurs de la mine, révélant certains aspects encore peu connus de la contamination désastreuse. « Un documentaire équilibré et sans concessions qui permet à chacun de se déterminer et de comprendre pourquoi la population de Cajamarca exige le retrait du méga projet d’extension de cette exploitation minière et pourquoi elle se rassemble en disant : Conga no va ! Ni Ahora ni nunca ! » (Source : http://solidaritecajamarca.blogspot.ca/2013/04/documentaire-tajo-abierto-integral-en.html)
Version intégrale en espagnol : http://celendinlibre.wordpress.com/2013/02/18/documental-a-tajo-abierto-version-en-espanol/
Version intégrale sous-titrée en anglais : https://vimeo.com/50059350

CAÏMANES AU CHILI

* Caïmanes , les eaux volées, Elif Karakartal et Alfonso Ossandon, 2013, 60mn
La résistance des habitants du petit village de Caïmanes, situé à 200 km au nord de Santiago du Chili, en amont duquel une puissante entreprise minière a fait construire le plus grand bassin de déchets miniers d’Amérique Latine. A l’occasion d’un procès engagé contre eux, ressurgissent quelques moments clefs de l’histoire des villageois, de la ferveur collective des luttes aux affrontements contre les autorités complices en passant par les trahisons des dirigeants… Difficile de résister à la machine quand l’ennemi s’est immiscé à l’intérieur…

* Caïmanes, Les damnés de l’eau , Dominique Gautier et Jean Ortiz, 2010, 9mn
Au Chili, la multinationale Minera Pelambres, confisque l’eau de communautés rurales et l’empoisonne en toute impunité. Les villageois résistent depuis 10 ans. Fin 2010, ils ont fait une grève de la faim de 81 jours. Un documentaire accusateur de Dominique Gautier et Jean Ortiz.
Voir le film en intégralité : http://www.youtube.com/watch?v=PeTk0slmeNY

* Patagonia Rising , Brian Lilla et Greg Miller, 2012, 55mn
Ce documentaire relate le projet de construction de cinq méga-barrages hydroélectriques sur deux des plus pures rivières de Patagonie, au Chili. Alors que le gouvernement vient de donner le feu vert à l’entreprise HydroAysen, dirigée par le géant espagnol de l’énergie Endesa, les gauchos de Patagonie redoutent la disparition de leur mode de vie et de la nature dans laquelle ils évoluent.
Voir la bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=jglS1I57y5A

BARRAGES AU MEXIQUE, AU BRESIL

* Et la rivière coule encore... , Carlos Peres Rojas, 2011, 70mn
Depuis 2003, le gouvernement mexicain cherche à construire La Parota, un barrage hydroélectrique qui inonderait plusieurs villages au sud d’Acapulco. Et le fleuve coule encore... nous conduit au cœur de la résistance de paysans qui, à travers leur vie et leur travail, nous parlent de leur amour pour leur terre.
Meilleur documentaire au Festival ImagineNATIVE au Canada
Prix “Golden Drum” du meilleur film au Festival International de Films Autochtones au Népal.
Sélection Festival Ciné Alter’Natif 2012.

* Damocracy , Todd Southgate, 2013, 35mn
Un film qui s’efforce de déconstruire le mythe selon lequel les grands barrages produiraient de l’énergie propre, alors qu’ils causent des dommages irréversibles à la nature, aux populations et aux cultures du monde entier. Il s’appuie sur les exemples des projets de barrage sur les fleuves Tigre en Turquie et Xingu au Brésil. Le réalisateur est allé à la rencontre de scientifiques, d’avocats, de militants et d’habitants des communautés locales dont le mode de vie se trouve directement menacé par les méga-projets hydroélectriques.
Voir le film en intégralité (en anglais) : http://www.youtube.com/watch?v=vnMD4e6nLms&feature=c4-overview&list=UUJ0H0bIZvm4VeDIiyGt5z1g
Le site du projet Damocracy : http://damocracy.org/

* Battle for the Xingu , Iara Lee, 2010, 12mn
Au Brésil, plus de 10000 Amérindiens vivent au bord du Xingu et dépendent de cet affluent de l’Amazone pour survivre. Fervent défenseur du développement de la région, le gouvernement propose de construire ce qui serait le 3ème plus grand barrage hydraulique au monde, menaçant de détruire la biodiversité du bassin de la rivière Xingu et de déposséder ses habitants de leurs droits à un avenir durable. Ce film, réalisé par une Brésilienne d’origine coréenne, témoigne de la détermination des Amérindiens du Xingu à protéger leur mode de vie. Aujourd’hui, le projet de construction du barrage continuent. Fort heureusement, la mobilisation aussi.
Voir en ligne (en anglais) : https://vimeo.com/10459021
Bientôt disponible en français (traduction De la Plume à l’Ecran - Sélection Festival Ciné Alter’Natif 2012).

* Les invisibles du Belo Monte

, François-Xavier Pelletier et Catherine Lacroix, 2012, 60mn
Au coeur de la Volta grande do Xingu, en Amazonie brésilienne, se construit le barrage hydroélectrique très controversé de Belo Monte. 800 000 hectares de forêts et de rivières seront détruits, des espèces animales et végétales endémiques seront exterminées et 40 000 familles seront contraintes d’abandonner leurs terres traditionnelles. Après six mois d’enquête, ce documentaire donne la parole aux « invisibles », riverains et pêcheurs, qui constituent les derniers résistants et garants de la biodiversité exceptionnelle de la Volta grande do Xingu, cette terre qui les nourrit et les soigne. A travers leurs témoignages, il dénonce des vérités qui dérangent. Des images magnifiques qui permettent une belle immersion dans la forêt et la richesse de sa biodiversité.
Voir la bande-annonce : http://www.dailymotion.com/video/xvmyac_teaser-les-invisibles-de-belo-monte-ushuaia-tv_tv

Contact et infos :
Sophie Gergaud
DE LA PLUME A L’ECRAN
delaplumealecran@yahoo.com

Voir en ligne : Pour vous procurer le numéro de FALMAG, c’est par ici...

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